Politique et citoyenneté… le mariage impossible ?

Force est de constater que depuis le début de cette année, nous vivons un soap opéra sans fin concernant « les affaires » à l’image des « Feux de l’amour » que l’on pourrait titrer « le fric des socialos ».

Attention, petite mise au point… je n’ai rien contre le parti socialiste si ce n’est le système clientéliste qui s’est mis en place depuis des décénnies et qui arrive à son apogée ces derniers temps.

Je tiens à signaler que chaque parti possède certainement sa ou ses brebis galleuses et que si rien n’éclate concernant des mandataires d’autres partis, c’est soit qu’ils sont plus malins ou que la fraude est située dans un domaine pour lequel personne n’imagine cela possible… tout peut changer… Qui aurait pu croire que des pourris se fasse du blé sur le dos des plus démunis ?

Je lis régulièrement dans la presse que la Belgique, à l’instar de la France, devrait faire un grand ménage aux prochaines élections, que la « République en marche » est un nouveau modèle à suivre, rouvrir la vie politique à des personnes qui n’étaient peut-être pas destinées à oeuvrer pour les autres citoyens… Il est vrai que ce n’est pas courant qu’une ancienne torrera brigue un mandat politique par exemple. Mais ce qui se passe de l’autre côté de la frontière reflete-t-il vraiment d’une sorte de révolution ? Est-ce un renouveau ou bien de la poudre de perlinpinpin aux yeux ?

Le raz-le-bol citoyen est notoire dans de nombreux pays et Macron s’est posé en grand nettoyeur de la politique, le nouveau pape des citoyens, celui qui les écoute et les comprend… et il a su toucher la corde sensible du trop plein des électeurs. Venu de rien, il a su en trois ans conquérir une frange déboussolée de l’électorat français et surtout il a su faire son chemin en laissant sourire ses pairs qui le regardaient avec condescendance et n’imaginant pas un instant qu’ils risquaient quoi que ce soit.

Allant jusqu’au bout de sa logique, le nettoyage s’est opéré également lors des législatives et si même le second tour n’est pas encore révolu au moment d’écrire ce billet il est clair que les vieux fossiles de la politique sont balayés un peu partout et qu’arrivent au pouvoir une somme incroyable de novices qui vont reprendre les rennes avec sans doute un peu d’appréhension, sans doute, beaucoup de bonne volonté parce qu’ils ont convaincus que le pouvoir, les décisions reviennent enfin au citoyen, à la base.

Ces novices vont et seront chapeautés, dirigés, guidés, instruits par l’organe du parti, au-delà des belles idées il y a un homme, Monsieur Macron, issu de la promo 2004 de l’ENA, l’école de tous les politiques français, la machine à formater la France politicienne, certes, il a su trouver une nouvelle formule, une nouvelle manière mais allons-nous vraiment vers un changement en profondeur ou bien le naturel reviendra-t-il au galop dès les premières difficultés ?

La promo 2004 Senghor et Emmanuel Macron cerclé de rouge (©Vanity Fair et son excellent article sur l’ENA et Macron)

L’avenir nous le dira sans doute très vite, mais je voulais en revenir à ma question première… Est-possible en Belgique ?

Qui pour incarner un renouveau ?

Qui pour unir la Belgique que l’on a de cesse de vouloir scinder en portant en avant les « différences » nord-sud ?

Qui pour rassembler dans une confiance absolue les citoyens de toutes les communautés ?

Qui pour arriver à faire s’écrouler les « châteaux de cartes » des pourris de tous poils qui se sont construits avec l’argent des citoyens ?

Qui pour rendre confiance en la politique belge ?

Trop de questions, trop de différences avec la France, trop situations belgo-belges qui ne peuvent trouver un écho avec ce qui se passe en France… au bout du compte, l’avenir n’est-il encore plus déprimant ?

Je crois qu’il faut laisser une chance aux jeunes, au changement et à la volonté de le faire, mais, uniquement si ces jeunes se font seuls, se cassent parfois la gueule, seuls, mais surtout pas s’ils sont à nouveau chapeautés, dirigés, instruits par nos dinosaures politicards et coincés par une Europe à cent mille lieues des citoyens.

Je ne veux pas, je ne me résous pas à être pessimiste, mais je suis certain que le chemin sera très long et que je n’en verrai sans doute pas la fin…

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