Les moutons, les autruches et les loups.

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Ceci aurait pu être une nouvelle fable mais alors impérativement étudiée par cœur à l’école et expliquée aux enfants pour qu’ils en comprennent toute la quintessence.

Commençons par les personnages principaux.

Celui qui nous intéresse surtout, l’acteur principal de l’histoire : le mouton. Il est le personnage de masse, celui qui vit l’histoire depuis la nuit des temps, celui qui nourrit, entretient, choisit, décide de sa vie mais qui, au fil des époques, a opté de ne prendre que les beaux côtés de sa vie, de jouer et manger tranquillement dans son champ sans se soucier des aspects dérangeants de la gestion de ce champ. Il a donc décidé déléguer toutes ces tâches obscures qui l’ennuient aux autruches.

Les autruches, elles, du haut de leurs longs cous obséquieux sont connues pour voir loin, prévoir les choses, connaître tout et n’importe quoi grâce aux longues études qu’elles ont suivies (la belle excuse, souvent elles ne connaissent plus rien de leur propre métier ou formation) et surtout elles sont là pour avertir les moutons lorsque quelque chose ne va plus ou lorsque le loup rôde.

Le loup, lui n’a cure des moutons, ce sont des proies faciles, rassemblées dans un champ, se croyant protégées par les clôtures installées par les autruches…

« Nous vous protégeons ! » clament ces dernières.

Histoire de noyer le poisson, les autruches ont trouvé de nombreuses occupations inutiles aux moutons, pour qu’ils ne s’inquiètent de rien, ils sont là, abrutis dans leur champ à brouter, à se disputer parfois, à oublier de réfléchir par eux-mêmes, pas besoin, les autruches que nous avons choisies le font pour nous…

Les loups ont durant toutes ces années, accumulé force et puissance et leur faim est insatiable, les barrières des autruches ne sont rien et ils pourraient les sauter sans problème pour se rassasier, le souci, les moutons risqueraient de se retourner contre les autruches, leur reprocher leur incompétence et pour garder leur place elles pourraient installer des clôtures plus hautes, plus difficiles à franchir.

Au fil des années, les loups ont donc forgé lentement des accords, offert de la nourriture et de menus plaisirs aux autruches, les ont parfois mouillées dans des magouilles sans noms pour que celles-ci poussent leurs têtes dans le sable.

Ainsi, sans devoir sauter la clôture, les loups obtiennent de temps en temps la clef de la porte du champ et se servent à la nuit tombée, sans bruit, sans remous… parfois un mouton insomniaque se rend compte du danger, bêle fort pour avertir les autres mais ces abrutis sont assommés par leur vue d’esprit raccourcie, de toutes façons les autruches veillent. Et c’est ainsi que depuis la nuit des temps, les moutons vivent leur vie de plaisirs en ne se posant plus de questions, en suivant les autres, en continuant de déléguer encore et toujours aux même autruches qui continuent à leur offrir du pain et des jeux, qui continuent à pousser leurs têtes dans le sable et qui s’offusqueront toujours lorsqu’un mouton malin leur reprochera l’entrée prévisible des loups…

La morale de cette histoire : La politique de l’autruche actuellement, c’est la politique de l’économique avant la santé, c’est l’économie à outrance dans les secteurs essentiels de la santé et du social. Les loups des multinationales n’ont que faire de notre pauvre condition de moutons, tant que l’argent rentre pour quelques actionnaires privilégiés.

Les bricos et les jardineries sont-ils vraiment des secteurs essentiels qu’il fallait rouvrir ?

Tous les efforts consentis durant ce mois de confinement vont-ils être balayés dans quinze jours lorsque tous ces abrutis de moutons auront clôturé leur terrasse et planté leurs jardinières ?

Pourquoi décider qu’un brico est essentiel et interdire l’ouverture d’un marchand de carrelage ou de salles de bain ?

Autoriser les visites dans les maisons de repos qui sont les zones déjà les plus durement touchées, est-ce mûrement réfléchi ?

Je pense que les experts sont encore là pour la façade, donner un avis, mais l’économique a pris le dessus sur la santé, l’argent et le capital sur le social et nous, pauvres moutons allons en subir les conséquences. Des morts, il y en aura encore beaucoup, mais lentement ils deviendront silencieux, simples aliments de courbes statistiques.

Petit à petit nous sortirons de cette crise grâce à notre résilience innée mais à quel prix ? Un traçage et une surveillance accrue, des caméras partout, une utilisation de l’outil internet sous haute surveillance, une vie privée qui n’en portera plus que le nom ?

Et quand tout ira mieux, le propre du mouton c’est de n’avoir pas de mémoire et il réélira les même autruches pour le diriger et… effectivement tout ira mieux !

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Bernard Mention Écrit par :

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